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01 Jun

Rue Battant Besançon.

Publié par Sophie  - Catégories :  #Balade en Franche Comté

Battant est un des plus vieux quartiers de Besançon (secteur sauvegardé depuis 1964) situé sur la rive droite du Doubs au nord de la Boucle dans lequel s'est d'abord développé la ville. Ses habitants sont appelés les Bousbots ; ce gentilé fait référence à la résistance que les vignerons du quartier avaient opposée à la tentative de prise de la ville par les Huguenots de Montbéliard dans la nuit du 20 au 21 juin 1575 (bous : pousse ; bots : crapauds ; les protestants avaient en effet, lors de cet affront, planté des crapauds sur des pieux pour effrayer l'adversaire).

 

Pendant longtemps, le seul accès au site originel de Besançon (une boucle de la rivière Doubs) se faisait par le pont romain de Battant. C'est donc assez naturellement que s'est développé sur l'autre rive un faubourg, celui de Battant, dont l'existence est attestée depuis les temps gallo-romains. Ce faubourg, constitué lui-même des trois quartiers d’Arènes, Charmont et Battant est ceint par un ensemble de remparts durant le xiie siècle. Il était peuplé à l'origine par desvignerons, des tanneurs, des ouvriers surtout horlogers et des lavandières, dont les barques étaient amarrées au pied de la tour de la Pelote. La culture de la vigne reste la principale activité du quartier jusqu'à la fin du xixe siècle2.

Battant n’est plus au XIXe siècle qu’un « quartier » engeôlé dans les murailles de la ville où s’entassent les basses classes de la ville. Si le reste de la ville s’est modernisé du XVIIIe au XXe siècles, les Bousbots, populaires et populeux ont continué à s’entasser dans ces ruelles étroites et ces logements exigus et insalubres pour atteindre la population de 6.000 personnes en 1980 et un taux de chômage record. Longtemps seul quartier populaire de la ville, il a cependant le mérite d’avoir réussi une parfaite intégration de sa population, avec un grand cosmopolitisme.

A l’aube du XXIe siècle, la réhabilitation du logis se faisait douloureusement nécessaire : elle eut lieu à partir du début des années 1980. L’aspect des rues a été conservé grâce à la méthode du curetage : on garde la façade en pierre et on abat entièrement l’immeuble derrière pour le reconstruire. L’esprit du quartier a également été conservée car on s’est efforcé, autant que possible de reloger les familles des immeubles rénovés dans le même quartier et en classant les immeubles en HLM pour ne pas augmenter les loyers. La population est cependant descendue à 3.500 personnes, mais avec un confort de logement bien plus acceptable.3

Aujourd'hui, Battant a gardé un aspect très « populaire » et groupe des populations diverses, du point de vue de leurs origines sociales ou ethniques comme de leur âge. C'est l'un des quartiers les plus animés de la ville, du fait de ses nombreux petits commerces, de sa vie nocturne ou de son marché.

Son histoire et sa dynamique permettent de comparer le quartier Battant à celui de Barbès à Paris

Rue Battant BesançonRue Battant Besançon

Rue Battant BesançonRue Battant BesançonRue Battant BesançonRue Battant BesançonJuin-2010 0009

Hôtel de Champagney et sa cour intérieure, au 37 rue Battant, construit pour Jacques Bonvalot, seigneur de Champagney et beau-père du chancelier de Charles QuintNicolas Perrenot de Granvelle


 

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FLEUR13 07/03/2017 19:45

Très bel article bien explicite sur l'origine du quartier, sa rénovation et son intégration démographique à la belle cité bisontine.
C'est en Provence que j'ai entendu parlé des Bonvalot dont une descendante a épousé une des enfants de mes connaissances professionnelles.

Chris 18/10/2010 09:07



Merci de ta visite et de ton commentaire.
A mon tour de découvrir ton blog. Et quelle surprise de découvrir des photos de Franche Comté, de Besançon, de Battant... Souvenirs, souvenirs  Au cours de mes multiples déménagements, j'ai
habité Besançon et j'ai vraiment beaucoup aimé cette ville et cette région. L'Hôtel Champagney, je connais. Mes enfants allaient à l'école du cirque juste au dessus. 


Très belle journée.



Sophie 18/10/2010 09:52



Eh oui une franc comtoise !!!! ravie de t'avoir fait plaisir !



nath 02/06/2010 11:45



Ah! L'hôtel Champagney! Une beauté méconnue!


J'ai une amie qui a un appart fantastique à Battant ( sur trois niveaux!) Je l'envie!



Sophie 03/06/2010 13:07



j'imagine la beauté de l'appartement dans ce quartier atypique et tellement vivant !



Jo 01/06/2010 22:12



C’est dans ce quartier qu’habitait ma grand-mère, Madeleine Thuillié, non pas rue Battant, mais rue du Petit
Battant. Infâme « Petit », qui, ajouté à Battant, indiquait aux Bousbots la rue la plus malfamée du lieu. Plus étroite que sa grande sœur, plus sombre aussi, elle était dénuée de cette
gaîté qui faisait tout le charme de la précédente. Pire, l’accès de l’appartement se faisait par un passage terrifiant, la ruelle Billard, le repaire du clochard Négus, d’une vieille femme
surnommée « La grosse jambe », et de bien d’autres figures pittoresques, parfois redoutées.  


 


Là, le soleil ne parvenait pas jusqu’aux pavés. Les hauts murs noircis ayant entrepris de se resserrer en leur sommet,
dérobaient tous rayons lumineux qui auraient pu réchauffer l’atmosphère.


Je me souviens encore de la peur qui me saisissait lorsqu’il me fallait franchir les quelques mètres jusqu’à l’entrée du
bâtiment :


 


« L’odeur acre d’urine et de vieilles pierres, la saleté des rigoles charriant leur eau laiteuse et mousseuse,
l’absence de lumière, tout cela rendait son accès tellement inquiétant.


À peine étions-nous devant la grande et lourde porte en bois de l’entrée, qu’un relent nauséabond pénétrait nos
narines ; émanations provenant de l’unique WC turc de tout l’immeuble.


Mon frère et moi, nous engouffrions à l’intérieur du bâtiment et gravissions les marches taillées dans la pierre sur
trois étages, puis le bois remplaçait la pierre au dernier niveau et l’on arrivait enfin à l’appartement de grand-mère, rouges et essoufflés.


La porte franchie, un tout autre univers s’ouvrait à nous, celui de la douceur et de la propreté, de la lumière et de la
tendresse… »


 


Les années ont passé, trente…quarante ans… Grand-mère n’est plus… non plus l’immeuble, qui, menaçant de s’écrouler a
fini par être détruit dans les années 1970. Il portait le numéro 17.


 Battant, c'est mon enfance !


Tes images, Sophie, m'ont ravivé ces souvenirs...



Sophie 02/06/2010 08:13



Ravie d'avoir pu en photos raviver tes souvenirs, c'est vrai qu'elle est magnifique aujourd'hui mais moi je l'ai connu fin des années 70 et c'était un vrai coupe gorge pour la demoiselle que
j'étais !, je trouve aujourd'hui que c'est l'une des plus belle rue de Besançon !



flo 01/06/2010 17:27



on se promène avec toi


 



Sophie 01/06/2010 18:23



Un petit peu...



À propos

Coup de tête, images décalées, coup de coeur, une autre façon d'aller mieux.